Lyzis et son L

Elle connait si bien sa forêt... y être née… y avoir grandi… cela vous donne des repères…

Elle y a appris à se méfier des hommes… à fuir les dangers à la moindre alerte…

Elle sait les alarmes des oiseaux, des cerfs… et même le cri des chênes et des charmes…

 

Aujourd’hui tout est paisible…  les feuilles dansent sous le soleil… frémissent sous la bise… les oiselets pleurent au nid… toujours affamés…

Elle se promène désœuvrée… les frimas sont terminés… plus de bêtes à sauver du froid… chacun avec l’arrivée du printemps s’est  pris à chercher l’amour… plus aucun ne fait cas de son passage… trop occuper de son autre…

Elle se sent si seule… elle sait qu’il n’y aura jamais ici de moitié faite pour elle…

Comment au fond de ces bois, trouver celui qui se lierait à elle ?

 

Sa promenade la mène où chaque jour elle finie son périple… dans la clairière au bord du lac… là où se cache l’enfant immobile…

 


 

Elle a bien essayé de le caresser pour attirer son attention… de lui parler pour le détourner de ses attentes… mais rien n’y fait… il reste aux aguets, protégeant son compagnon d’infortune…

 

Ce jour la, elle ne le regarde qu’à peine… elle retrouve l’odeur légère des fleurs qui ont éclos pendant la nuit…  et ce parfum la trouble… la rend mélancolique…

Elle flâne parmi ces éclaboussures de couleurs… respire à s’en étouffer, les effluves toutes neuves…

Ses yeux se brouillent de tant de beautés…

De ses mains délicates, elle caresse les pétales soyeux…

Ses sens se troublent de tant de volupté offerte…

 

Aussi, c’est dans un étonnement total qu’elle le découvre… gisant au milieu des mousses parsemées d’étoiles blanches…

Elle ne l’a pas deviné… elle ne l’a pas senti… perdu parmi ces fragrances fleuries…

Elle s’arrête… en alerte… la panique au bord du cœur… soudain prête à fuir au triple galop…

Mais la tentation est trop forte… elle n’en a jamais vu d’aussi près… et il est là… inanimé… il semble dormir…

Alors, avec une infinie lenteur… elle s’agenouille près de lui… sans un bruit… et en retenant son souffle… elle emplit ses yeux des reflets d’ambres de sa peau… de ses cheveux  aux boucles serrées… de ses muscles longs… de ses pieds si étranges… et de son sexe endormi dont elle ne sait rien…

 

Elle voudrait tant le toucher… poser ses mains sur ce corps alangui… éprouver la douceur… la tendresse… de cette chair abandonnée au sommeil…

Elle scrute le visage aux yeux fermé… et son cœur lui semble fondre… irrésistiblement… elle tombe en désir… ses lèvres appellent les siennes sans qu’elle ne comprenne comment… le simple souffle qui s’en échappe apporte des parfums qui lui donnent le vertige…

 

Elle est en suspend… au bord d’un précipice inconnu… et soudain… elle perd la tête…

Se relevant brusquement… elle ne lui laisse pas le temps de s’évanouir dans les bois…

Elle  l’attrape à bras le corps… le jette sur sa croupe… et part en une course effrénée… ne regardant même pas devant elle… les yeux vrillés à ceux du faune… la centauresse ressent l’amour…

 

 

 

 

Photos prisent au « Parc de la tête d’or » à Lyon.

Lun 16 mar 2009 3 commentaires
Oh que c'est beau! Le texte ainsi que les images! Je vois que vous étiez inspirée, sourire... Je peux vous recommander d'autres parcs avec de belles statues inspirantes en espérant que ça générerait les fantaisies imaginaires de même qualité :-)
laeticia d'Olivier - le 16/03/2009 à 22h41
Toujours aussi adorable dans vos mots pour moi Laeticia.
Je suis contente que cela vous plaise...
Il y a bien des sujets d'inspiration quand on prend le temps de regarder... ;-)
Lyzis
Wouh!...eu pardon Bonsoir Lyzis
sourire!... je naie jamais oser, et bien je regrette car votre blog est merveilleux.
Le centaure, ma créature de prédilection. Et puis vous écrivez magnifiquement bien.Oh oui j'aime..c'est décidé je reviendrais .
Bonne nuit Lyzis et heureuse de vous connaitre enfin

Ezael
ezael - le 16/03/2009 à 23h12
Merci beaucoup Ezael, de votre visite, de votre enthousiasme...
Vous êtes la bienvenue chez nous.
Alors à très bientôt.
Lyzis
Comment ne pas frémir et nier votre don
de transmettre par vos mots le frisson
je me suis vue traverser cette nature
j'ai frissonné à la vue de cette petite sculpture

Et quelle délectation dans ce baiser
figé à jamais pour l'éternité
entre deux êtres qui au premier aspect
ne peuvent s'aimer et pourtant l'artiste l'a fait !

merci belle Lyzis, vous portez bien votre nom d'écrivereuse
Multi-sourires - le 17/03/2009 à 20h29
Merci Sourires... Je suis touchée par vos mots...
Ecrirêveuse, écriv(heureuse), écrivereuse... ces mots me parlent... et je remercie ceux qui me les offrent.
Lyzis